Montag, 31. Mai 2010

Jämlikhet och tradition i Sverige (Egalité et tradition en Suède)

Hier, la princesse Victoria et son fiancé Daniel ont fait un pas de plus vers leur mariage. [Pour cette cérémonie, pas de débat sur leur entrée dans l'église, entrée qui reste une affaire suivie.] En effet, ce dimanche 30 mai, trois semaines avant le grand et heureux événement, était le jour de la messe des bans, tradition inconnue au bataillon de mes maigres connaissances en la matière. Il s'agit d'une sorte de cérémonie de bénédiction, le principe dans le passé était que les éventuels obstacles au mariage devaient être mis en avant ce jour-là. Hier, il n'y a pas eu de scandale soudain, personne n'a crié "Victoria veut se marier d'une manière sexiste !". La rupture des fiancailles de la petite soeur de Victoria, Madeleine, a fait assez de bruit ces derniers temps, pas la peine d'en rajouter. Au passage, cette autre princesse, sans doute éplorée, ce que l'on peut comprendre, était absente dimanche, on ne la reverra sans doute qu'au mariage de la future reine. Dommage, je la trouve très photogénique. Bref, pas d'attaque contre le futur mariage au nom de l'égalité homme-femme.

[La famille royale et le prêtre à la sortie de l'église. Merci au Göteborgs post, moi, je n'étais pas là.]

Et pour cause, dans l'après-midi, la cour a annoncé les titres donnés à Daniel, futur époux de la future reine. Dans un souci d'accueil de cet élément rapporté, le tout avec un esprit d'égalité, parce que bon, il part un peu perdant le pauvre, le roi a nommé Daniel Son Altesse Royale, ce qui le place à présent au même niveau que les autres membres de la famille royale. Evidemment, il ne sera pas aussi important que Victoria, mais quand même, un titre d'Altesse Royale, la classe ! Et en plus, il sera Prince de Suède, et est devenu Duc de Västra Götaland car Victoria en est Duchesse. Västra Götaland, alias Gothie occidentale... La région de Göteborg ! Daniel est notre Duc ! Ah, mon Dieu, que d'émotions. Et de titres ridiculement inutiles je pense.

[Cette fois, photo chipée à SVD. Daniel serre la main du porte-parole du gouvernement Per Westerberg, et Victoria celle du Premier Ministre Fredrik Reinfeldt.]

Outre le règlement de cette question d'égalité, les fiancés ont profité de la journée pour recevoir leur cadeau du gouvernement. Il faut savoir que de nos jours, il n'est pas rare que les couples suédois fassent vivre la tradition de la messe des bans, non pas en optant pour la cérémonie, mais en acceptant leurs présents ce jour-là. Marrant. Un truc valable pour tout le peuple suédois, donc... Mais dites-moi, est-ce que tous les futurs mariés du pays reçoivent en cadeau du gouvernement et du peuple un service de 1000 verres, 200 de 5 sortes, à 300 couronnes la pièce ? La famille royale n'a pas déjà plein de vaisselle pour les grandes réceptions ? Bon, ptêt que ça fait vivre l'artisanat local, les verres ne venant pas tout droit d'Ikea, et qu'au fond, je ne devrais pas être choquée par ce privilège de folie.

Mais quand même, Son Altesse Royale Victoria Bernadotte Princesse héritière de Suède et Duchesse de Gothie occidentale, et Son Altesse Royale Daniel Westling Prince de Suède et Duc de Gothie occidentale recevant un millier de verres élégants de la part du gouvernement et de leurs sujets, ça ne me laisse pas indifférente. Le folklore suédois me fait sourire, avec respect bien sûr.

Samstag, 29. Mai 2010

Trollhättan (le capuchon du troll... nom d'une ville !)

Cet après-midi, je suis enfin allée à Trollhättan, commune à écluses dont ma voisine de bureau allemande m'avait vanté les mérites. Trollhättan est à une heure et demi en bus de Göteborg, ce qui m'a au passage permis de vider un peu ma carte de transports, valable dans tout le Sud-Ouest, que j'avais trop généreusement remplie à Pâques. Cette ville se situe au Nord de Göteborg, et surtout au Sud de Vänersborg, que j'avais visitée avec mon invité de marque, et à laquelle elle est presque collée. Pour y aller, le bus a traversé la campagne suédoise, toute verte et jolie avec ses maisons en bois souvent rouges dans laquelle j'aurais presque envie d'élire domicile, mais secondaire cependant. Nous avons fait quelques arrêts dans de petites bourgades avant d'atteindre Trollhättan, pas beaucoup plus grande d'ailleurs.


Petite, mais pas inanimée. Sur ce cliché pris au début de ma promenade, on aperçoit les stands d'une course, à vélo et à pied vus les gens que j'ai ensuite croisés. J'ai également remarqué beaucoup de vieilles voitures d'un coup, il devait y avoir un rassemblement quelconque. Et puis sur les chemins se baladaient un petit tas de touristes (un vrai tas de gens, en Suède, ça ne se croise pas dans la campagne), dont des Allemands. Parmi eux, un vieux à vélo qui s'est adressé à moi spontanément en Allemand, avec des gestes cependant, pour me demander si la route vers Vänersborg était "hier (bras à gauche) oder hier (bras à droite)". A sa grande surprise, je lui ai répondu dans sa langue, en lui montrant la carte gratuite que j'avais prise à la gare. Les cartes gratuites de Vänersborg et Trollhättan ont en effet la bonne idée de couvrir les deux villes. Je ne sais pas si je l'ai aidé, m'enfin j'aurais essayé. A vrai dire, malgré mon amour de cette langue, j'ai trouvé perturbant qu'il cause Deutsch comme ça sans prévenir. Même si son mime parlé aurait donné "Här eller här" en suédois, je considère légèrement impoli de s'imposer ainsi...


Cependant, il a été une des rares personnes à qui j'ai parlé lors de ma balade. Le reste du temps, je me suis noyée dans l'admiration des lieux, d'abord sur ce chemin propret, comme un jardin public au bord de l'eau.


Et plus loin, j'ai vraiment compris pourquoi ma voisine de bureau allemande m'avait conseillé cette excursion. A partir de là, j'étais émerveillée.


Par moments, la vue était presque impressionnante...


Et à d'autres moments, juste paisible. Oh, ce chemin s'appelle "Kärlekenstig" alias "Chemin de l'amour", mais en fait, c'est sur l'autre rive que j'ai croisé un couple d'amoureux se prenant en photo et s'embrassant. Très chastement, hein, je n'ai pas été gênée. Seulement amusée, parce que j'avais pensé que je les verrais plus tôt, sur la voie appropriée !


Voici la cascade, lâchée chaque samedi à 15h. Elle fait plein de bruit, on la regarde, elle était censée être un élément important de mon après-midi...


Mais finalement, ce que j'ai préféré, ça a été être là. On dirait la Suède des brochures touristiques ou des tableaux dans les musées. Et je l'ai vue en vrai, j'en suis ravie !

Le soleil mettait en valeur les paysages que j'ai découverts, le tout dans une chaleur timide, une quinzaine de degrés tout au plus. Le week-end dernier, j'étais en robe d'été en Bretagne... Pourtant, je ne suis pas déçue. S'il avait fait plus chaud, je serais sortie nauséeuse du car, et arrivée à Göteborg, j'aurais dû choisir une option de dîner plus facile à digérer qu'un kebab. Et je n'aurais pas eu une haleine à l'oignon après m'être brossé les dents, alors je n'aurais pas eu une excuse de rêve pour manger un des bonbons au caramel au beurre salé apportés par le Morbihannais. Cela ne m'aurait pas enlevé le bonheur d'avoir vu un joli bout de mon pays d'accueil, mais voilà, juste là maintenant, je me sens parfaitement satisfaite, et n'aurais pas pu imaginer autrement cette journée. Entre amour des paysages arborés et attrait pour les sucreries, suis-je en train de me transformer en Suédoise d'esprit ?

Freitag, 28. Mai 2010

Att ta studenten (finir le lycée)

La fin de l'année scolaire et estudiantine approche, les étudiants de l'aumônerie ont leurs examens finaux, mon ordi prend des vacances en redémarrant tout seul quand ça lui chante, et les lycéens fêtent la fin de leurs années sur les bancs de l'école à des dates variées selon les établissements. Après avoir préparé un diplôme à contrôle continu dans un lycée choisi avec soin pour faire le programme de leur choix (j'avais expliqué le système ici), ces jeunes Suédois sont maintenant prêt à entrer dans le monde du travail ou à continuer leur formation (à l'université par exemple... autre sujet traité par la bavarde que je suis, ici), selon leurs souhaits et la voie dans laquelle ils se sont engagés.

Même s'ils n'ont pas passé d'examen final aussi médiatisé que notre cher baccalauréat, ils passent ainsi une étape importante de leurs vies. Quand on "tar studenten", littéralement quand on "prend l'étudiant", et non-littéralement quand on arrête d'être un lycéen, on devient un grand. Alors le jour J, le dernier passé dans l'établissement, est un jour de fête et de joie.

Tout commence par une cérémonie entre élèves et professeurs à l'intérieur du lycée, avec entre autres des discours arrachant des larmes à de jeunes filles, peut-être aussi à de jeunes garçons, cependant les journaux n'en parlent pas. Tant pis pour l'égalité.


[Encore une fois, j'ai chipé les photos du Göteborgs post. J'ai croisé des lycéens en débandade dans les rues, mais n'ai pas osé les prendre en photo, moi.]

Une fois ces moments solennels passés, il est temps de sortir du lycée et de montrer au monde qu'on en a terminé avec, et qu'on s'est bien habillé pour l'occasion. La casquette de marin, que les étudiants portent aussi à Valborg par exemple, est un élément indispensable, du coup, on en vend dans beaucoup de boutiques de vêtements. Quant aux costumes de ces damoiseaux et aux robes de ces damoiselles, elles sont également une occasion pour les magasins de faire des bonnes affaires. Le magasin "Prinsess", devant lequel je bavais avant de jeter un coup d'oeil aux prix, proposait des soldes sur les robes blanches les semaines passées. Hé oui, pour cette fête, pas besoin de se déguiser en star du showbiz avec des tenues comme celles que j'avais vues mi-février. Ces robes voyantes, on les porte plutôt à des remises de diplômes supérieurs, j'ai déjà vu des groupes de Suédoises habillées comme ça, et même que la vie est injuste, ça leur va bien, tout va bien aux beautés nordiques.


Plus loin, attendent les parents débordant de fierté. Presque tous portent des panneaux de félicitations avec une photo de leur bambin à l'époque où il ne savait peut-être même pas lire. J'avais été surprise en voyant des annonces pour ces pancartes devant un magasin de photos, bizarre de parler de photo d'étudiant avec une tête de gamin, finalement un article comparatif des offres dans le Göteborgs post m'a fait comprendre l'utilité de ces affichettes. Papa et Maman l'agitent pour que leur petiot vienne les voir et se faire féliciter. C'est trop miiignon.

A un moment ou à un autre le jeune recevra des cadeaux, souvent sur le thème de l'indépendance : vaisselle, livre de cuisine, etc. Encore une source de revenus pour le commerce, y'a même des articles dans les journaux qui chiffrent ces bénéfices prévisibles.


La suite des événements, ici sur la Götaplatsen en haut de l'Aveny, avec la fontaine Poséidon en arrière-plan, est moins bisounours. Il s'agit de faire la fête comme des fous, de faire péter le champagne pour célébrer sa nouvelle liberté. Et là, danger, j'ai lu des articles là-dessus, comme à Valborg, gare au risque de première cuite de ces petits qui ont souvent 19 ans, donc plus de 18 ans et le droit de commander de l'alcool dans un bar, et moins de 20 ans et pas le droit d'en acheter au Systembolaget. Mais ils se débrouillent bien, oublient toute modération, et puis tant pis, après tout, ceux qui témoignaient dans le GP d'hier disaient qu'ils passeraient le lendemain à dormir. J'ai envie de me la jouer maman et de leur dire de faire attention à eux. Et à leur robe ou chemise blanche, mais de toutes façons, maintenant, ils sont grands, et s'ils font des taches dessus, hé bien ils n'auront qu'à les enlever tous seuls. Na.

Donnerstag, 27. Mai 2010

Hur ska Victoria gå in i kyrkan? (Comment Victoria va-t-elle rentrer dans l'église ?)

Hier et aujourd'hui, j'ai encore pu constater à quel point l'égalité femme-homme est un thème cher aux Suédois. Avez-vous déjà pensé à la symbolique supposée par le mode d'entrée dans l'église d'une mariée ? Pour ma part, je m'étais seulement déjà dit que si jamais je devais un jour enfiler une robe blanche et passer devant des tas de têtes tournées, j'aimerais le faire avec une tête de membre de Daft Punk, d'apiculteuse ou d'escrimeuse. D'ailleurs, ce serait un meilleur investissement que la robe elle-même, puisque je pourrais m'en servir lors d'un tas d'occasion où j'aurais envie de cacher mes grimaces déformant un visage rougissant. Mais promis, je ne porterais pas cet attirail tout le temps, il paraît que porter un couvre-chef est assez mal vu en ce moment en France...

Je m'égare. En France, d'après les mariages auxquels j'ai assisté, le marié est amené à l'autel par sa môman, et la mariée par son pôpa. En Suède, d'après ce que j'ai lu, les deux mariés rentrent ensemble dans l'église. Mais, il y a en effet un mais, la princesse Victoria souhaite être amenée à l'autel par le roi le 19 juin. Avec comme justification qu'il s'agit d'une tradition familiale, et également d'un symbole fort, le roi guidant ainsi à l'autel son successeur sur le trône. Ma réaction à moi serait de hausser les épaules et de me dire que cela fait partie du folklore monarchique.


Mais nous sommes en Suède, et on dit que le père amenant sa fille à l'autel signifie que la demoiselle passe de la domination de son géniteur à celle de son mari. Charmant, en effet. Le problème ici est sans doute qu'on ne dit pas comme Daniel arrivera à l'autel, finalement en France, le marié passe de la domination de sa génitrice à celle de son épouse, si on veut. [Et là, j'ai en tête l'image de Bonnemine avec son rouleau à pâtisserie, j'ignore pourquoi.] En revanche, ici, tout ce que l'on voit est l'abaissement de la condition féminine supposé par le souhait de Victoria.

Dans le pays, et même dans des journaux britanniques et australiens apparemment, on parle de l'affaire comme celle du désir d'un mariage sexiste. On ne précise pas dans mes sources le niveau de ces journaux anglophones, si ça se trouve, ce sont de vulgaires tabloïdes. Le débat prend une telle ampleur que finalement, la famille royale n'a pas encore pris sa décision. L'Eglise protestante de Suède a clairement dit, notamment dans une lettre écrite par des pasteurs, qu'elle préférerait voir Victoria rentrer dans l'église comme ses concitoyens, afin d'être un symbole de l'égalité homme-femme.

Cependant, l'archevêque a tenu à préciser qu'aucun texte officiel de l'Eglise protestante n'oblige à un mode d'entrée particulier. Et que quelque soit le choix de Victoria et de sa famille, il marierait les époux. J'ai envie de rire doucement en imaginant le drame s'il refusait de le faire. L'archevêque qui toussote, prend le micro et ordonne à Victoria de ressortir et de rentrer avec Daniel. Cela donnerait du piment à la retransmission de la cérémonie sur les petits écrans, plus grande production télévisée suédoise de tous les temps...

Mittwoch, 26. Mai 2010

Vem mördar granarna? (Qui tue les sapins ?)

Après une merveilleuse parenthèse française et un peu allemande des aéroports aussi, mon stage et mon séjour en Suède ont repris hier soir. Dans la routine habituelle, outre le chemin du matin sous le soleil aujourd'hui, ou la fika du mercredi et son délicieux gâteau à la cannelle et à la crème de vanille et au sucre et au gras dégusté en bavardant, j'ai retrouvé mon Metro du déjeuner m'ouvrant sur l'actualité locale.

Et à côté des gens qui tuent des inconnus avec des couteaux ou liquident leur famille avant de se suicider, à côté des vieilles dames qui se font écraser par des arbres ou des trams, hé bien j'y ai appris l'existence d'un autre crime terrible. Je ne suis pas fascinée par le glauque au point de ne parler d'un meurtre juste parce qu'il est affreux. Sinon, j'aurais fait un compte-rendu quotidien de mes lectures de la presse locale, car non, la Suède n'est pas un paradis sans criminalité. [Une de mes camarades du cours de suédois m'avait avoué qu'elle ne lisait pas les journaux, pour avoir l'impression de vivre à Disneyland. Je ne pourrais pas. Je préfère les Bisounours de toutes façons.]

Non, je veux en toucher quelques mots parce que c'est original. Depuis quelques années, un inconnu, ou une inconnue d'ailleurs, s'attaque aux sapins de Delsjön, petite commune au Sud-Est de Göteborg. Cette personne est un véritable tueur en série des sapins, non ce n'est pas une blague. Elle les attaque à la scie en faisant des coupures superficielles qui provoquent le décès du végétal à cause des dégâts causés aux vaisseaux conducteurs, si j'ai bien compris. Les petits coeurs avec initiales tracés par quelques amoureux avec des étoiles et des coeurs flottant autour du visage, ce n'est rien à côté. Lui ou elle est ultra efficace. Et dangereux.


La police enquête depuis le début, les gens s'inquiètent, aujourd'hui Metro a relancé un appel à témoins en indiquant qu'une femme a récemment donné des informations intéressantes à la police. La chasse au coupable est indispensable pour arrêter le massacre. Même un groupe Facebook, que j'ai trouvé en googlant "Meurtrier des sapins" ("Granmördaren") et à qui j'ai piqué cette photo, a été créé, et semble actif même s'il compte encore peu de membres. N'oublions pas que les Suédois aiment la forêt, et que le sapin est leur quatrième arbre préféré, j'en avais parlé ici. Mais de toutes façons, la destruction de la nature, c'est le Mal, en Suède ou ailleurs, hein.

Quand on trouvera le malotru, on pourra le ou la traîner au tribunal. L'interroger, et le ou la punir, ou le ou la traiter. En tout cas, j'espère que l'on comprendra la raison de ces crimes. Un traumatisme lié à des Noëls malheureux dans son enfance ? Une mauvaise compréhension de l'expression "ça sent le sapin" ? [Okej, elle n'existe pas en suédois, mais rien n'indique les origines du méchant ou de la méchante.] En tout cas, le meurtrier court toujours...

Donnerstag, 20. Mai 2010

Vilket parti ligger mig närmast? (Quel parti me correspond-t-il le mieux ?)

Je l'attendais, ce test. Il est enfin apparu sur le site de SVD. Deux questionnaires rapides pour que je sache pour qui voter à l'automne. En vrai, n'étant pas suédoise, je n'élirai pas de parlement après l'été, cependant, j'étais curieuse de voir quel parti était censé être mon ami.

La première série d'interrogations m'a permis de situer si j'étais plutôt de droite ou de gauche, id est si je devrais me considérer comme un soutien pour l'Alliansen, alliance de partis de droite, ou pour les Rödgröna alias rouges-verts, à gauche. Pour cela, j'ai dû m'exprimer sur l'énergie nucléaire (à virer ?), les subventions pour les chômeurs (à baisser ou pas pour renvoyer les gens au travail ?), des impôts divers et variés (on les augmente, on les baisse, on les supprime ?), les filières en lycée (devraient-elles toutes préparer à l'université ?), etc. J'ai ainsi eu un premier résultat.

Mais en tant que grosse flemmarde, je n'allais certainement pas chercher toute seule dans le bloc qu'on m'a attribué, alors j'ai répondu à une deuxième liste de questions, plus longue. Je tiens à signaler que pour chaque question, il y avait une présentation des faits, l'avis pour et l'avis contre, en mode référendum suisse si je ne m'abuse. Mais des fois j'ai eu la flemme de tout piger et j'ai répondu que je ne savais pas, des fois je n'avais vraiment aucun avis. Les thèmes récurrents étaient encore une fois les impôts et taxes diverses et variées, ainsi que les subventions aux travailleurs malades (à limiter dans le temps pour faire ensuite basculer les invalides vers le système des chômeurs, histoire de leur donner envie de retourner au taff ? Genre ils font exprès ?) ou aux parents (obliger les papas à prendre des congés parentaux au lieu de laisser les mamans le faire ?). Et puis y'a eu l'immigration (avec la photo d'un minaret...), l'euro (je suis pour, parce que ça m'arrangerait bien), la gratuité des musées d'Etat (oh ouiii), plein de choses donc. J'ai été déçue de ne rien lire sur l'état des toilettes dans les écoles qui a fait débat dans le journal il y a peu, et sur lequel les différents partis se sont exprimés.

Evidemment, tous ces sujets sont relativement peu originaux et pourraient être discutés en France. Même si nous payons moins d'impôts. Cependant, en France, on ne nous demandera pas si on veut supprimer le monopole sur la vente d'alcool, ou la monarchie. Je me demande si ces deux piliers de l'originalité suédoise seront prochainement détruits. Si ça aurait pour conséquence de rendre un peuple entier alcoolique. Et si ça changerait vraiment quelque chose à la démocratie. Un des Suédois à qui j'ai demandé son avis sur la monarchie m'a dit que nous, en France, avec Sarkozy, on avait un peu un roi, quelle réputation...

Bref, au final, on m'a donné mon pourcentage d'affinité avec chacun des partis. J'étais contente de retrouver ce que je crois penser en France. Parce qu'avec le premier test, je me retrouvais dans l'autre bloc. Oui, c'est bizarre, mais c'est pas grave, je suivrai passivement ces élections.

Et au pire du pire, j'aurais un autre critère de sélection. Metro a achevé aujourd'hui une série d'entretiens avec des chefs de partis, à côté de l'interview les différents trolls devaient faire des grillades et expliquer leur choix. J'aurais préféré une séance de pâtisserie, j'aurais été plus à fond dans la comparaison. Un lyxmuffin, s'il-vous-plaît !

Mittwoch, 19. Mai 2010

Ett mysterium igen! (Encore un mystère !)

Déjà résolu, en plus. J'aurais même pu le résoudre dans la seconde où je me suis interrogée, si seulement j'avais eu plus d'expérience de la vie. Hier, en allant du centre où je travaille dans la joie, la bonne humeur et la motivation, au Språkcaféet où je peux discuter avec des francophones le mardi tout en mangeant un sandwich chèvre-miel à en tomber par terre, bref, en marchant dans la rue, j'ai remarqué un drôle de marquage au sol.


Gnu, qu'est-ce que cette ligne bleue même pas parallèle à la limite entre voies piétonne et cyclable ? Qui fait des repérages perturbants ?


Et pourquoi cette ligne finit-elle par passer sur la route ?

Je n'ai pas continué à suivre la ligne, je n'allais pas me laisser dévier de mon objectif par une enquête stupide. Surtout que j'avais faim. Ou gourmandise. Et envie de me sociabiliser un peu.

Réussissant tant bien que mal à me persuader que l'armée suédoise ou même norvégienne n'y était pour rien, et parvenant à penser à autre chose, j'ai mis de côté l'affaire jusqu'à ce matin. J'ai alors demandé son avis à ma voisine de bureau allemande, qui vient ici les mercredis et jeudis comme l'autre thésarde, et elle m'a dit qu'il y avait une grande course chaque année à Göteborg.


Après un googlage de circonstance, je peux à présent annoncer la tenue ce week-end du Göteborgs varvet, semi-marathon créé il y a une trentaine d'années, et espérant réunir 70 000 coureurs. Et aussi, à l'avenir, quand je verrai une ligne de couleur bizarrement tracée sur le sol, j'aurai en réserve une hypothèse plausible et intelligente. Blondeur, nordique ou pas, tu es destinée à disparaître. Chaque jour, je deviens un peu moins bête, merci la vie. Je ne sais pas à quelle vitesse la blondeur atteindra son asymptote nulle, en revanche...

Dienstag, 18. Mai 2010

Hur är vädret idag? (Quel temps fait-il aujourd'hui ?)

Les Suédois et la météo, une grande histoire d'amour, je crois. Que ce soit en cours de suédois débutant en L3, ou à la session de printemps que j'ai suivie ici, chaque séance se devait de commencer par une question sur le temps du jour. Au bout d'un moment, on commence à savoir parler du temps. Tant mieux, car c'est d'une grande utilité ici, tout le monde adore parler de la météo.

Et j'ai été surprise de constater une transformation en moi. Avant, je ne suivais pas trop les prévisions météo, ou alors en de rares occasions, histoire de savoir si telle ou telle journée en plein air ne se transformerait pas en douche à rallonge. Mais la Suède m'a changée. Déjà, quelques mois avant de venir, j'ai commencé à m'intéresser au climat local, constatant que mes deux premiers mois ne seraient pas des plus chauds. Février est même le mois le plus froid de l'année. Novembre étant le plus déprimant, d'après ce que je lis ici, pluie et obscurité. [Quant au Français qui a osé me dire un jour détester ce mois, il n'a pas de vraie bonne raison. Et puis y'a des gens qui naissent en Novembre, hein.] Bref. Et une fois arrivée ici, je me suis mise à suivre frénétiquement le pronostic heure par heure des températures et précipitations à Göteborg, avec comme principale motivation l'envie de voir si j'allais finir ensevelie sous une tempête de neige le jour suivant, ou, plus tard, si je pouvais espérer la fonte des neiges et arrêter d'avoir peur de glisser sur la glace.

Plus de trois mois plus tard (Quoi ? Déjà ?), j'ai un peu laissé tomber cette habitude, j'ai tous les jours le même type de vêtements. Et depuis ma douche en plein air de mercredi dernier, j'ai décidé d'aller au travail avec mon parapluie bleu ciel Göteborg dans le sac, cependant il ne m'a pas encore servi. Mais je devrais me méfier. Le journal SVD annonce une semaine chaude et pluvieuse. Sur sa page d'accueil.

Car oui, et c'est un truc que je trouve ouf, ici, on écrit régulièrement des articles sur le temps qu'il fait ou fera. Et pas seulement au coeur de l'hiver 2010, non non non, j'ai vu des textes sur le temps qu'il ferait pour le week-end de Pâques, pour celui de Valborg, et dernièrement, sur le temps de cette semaine. Au cas où on est trop bête pour trouver la page météo. Ou au cas où on se passionne sur la comparaison entre différentes régions. Ou, peut-être, au cas où on veut être rassuré par une dernière phrase d'article disant : "C'est un temps relativement raisonnable pour la saison".

Il fera plus de 15 degrés Celsius les trois prochains après-midi, et ici, en fait, il ne devrait pas pleuvoir. Oh, joie !


Mais SAS, toujours sur le site de SVD d'ailleurs, joue sur la frustration de tous ceux qui trouvent le printemps lambin cette année. "Glisse la carte". Bon, même si c'est normalement la mode ici, on ne va pas aller en Thaïlande. En Grèce ?


Hé non, la publicité est pour Paris ! En conclusion, les Suédois supportent depuis des siècles un pays froid, du coup, ils sont obsédés par la météo, et ont une vision du monde assez déformée. Le paradis du ciel bleu, ça a l'air d'être partout plus au Sud que Lille. Hum.

Montag, 17. Mai 2010

Ja, vi elsker dette landet! (Oui, nous aimons ce pays !)

En réalité, je devrais écrire cela en suédois, mais non, aujourd'hui, je fais semblant de parler norvégien, et j'ai une bonne raison. [A part le fait que la même phrase en suédois n'est autre que "Ja, vi älskar det landet", presque la même chose.] Encore une histoire de drapeaux. Non, nous ne sommes pas encore une journée du drapeau suédois, et l'Aveny n'est plus décorée d'arcs-en-ciel, les drapeaux bleus à l'effigie du lion de la ville sont revenus aujourd'hui.

Mais j'ai quand même croisé un autre drapeau particulier. Deux fois. Une fois ce matin, devant le centre de géologie, entre deux drapeaux suédois, et...


... Une fois sous ma fenêtre tout à l'heure ! Non, nous n'avons pas été envahis par nos voisins. Mais le 17 mai est la fête nationale norvégienne, ces autres trolls se sont dotés d'une constitution ce jour là en 1814, et célèbrent à présent leur fierté nationale. Et la Suède exprime par quelques drapeaux son amitié pour la Norvège, au-delà des anciens conflits, et puis des blagues aussi. Les Norvégiens sont aux Suédois ce que les Belges sont aux Français... Mais ça marche dans les deux sens alors tout le monde s'y retrouve.

Bref, d'où ce morceau d'hymne national norvégien en titre d'article. Moi aussi, j'aime bien les Norvégiens, même si leurs douaniers m'ont prise pour une trafiquante de drogue. Au fond, ils ne peuvent pas être plus fous que les Suédois, et puis eux aussi, ils vendent des gâteaux à la cannelle, que demander de plus, hein ?

Regnbågståget (Le cortège de l'arc-en-ciel)

Après avoir résolu le mystère des drapeaux, je savais qu'un festival HBT (homo-, bi-, trans, j'ai appris de source sûre qu'on disait LGBT en français, j'avais oublié...) avait lieu dans la ville. Et j'ai même lu dans le journal qu'hier après-midi avait lieu un défilé, or le dimanche après déjeuner, je suis habituellement en train de crapahuter dans la ville ou autour parce que j'aime pas rester enfermée chez moi, étant donné que je passe ma vie devant mon ordi en semaine. Bref, du coup, j'ai pu attendre le passage du défilé avec des tas d'autres passants, sur l'Aveny et la grande rue la prolongeant. Je crois qu'il a eu du retard, mais tout à coup, j'ai vu les policiers à cheval précédant le défilé. C'était parti !


[J'ai piqué cette photo au Göteborgs post, parce que les miennes ont disparu, j'avais oublié de mettre ma carte mémoire dans l'appareil et pour une raison inconnue, je ne les retrouve pas sur la mémoire interne.] Les gens défilant avaient le sourire, respiraient la bonne humeur, mais je dois dire, comme les Anglophones qui étaient à côté de moi, que l'ambiance n'était pas folle non plus. Pas assez de musique peut-être. Des Suédois trop discrets sans doute, m'enfin quand on sait qu'ils sont même trop timides pour crier sur un cube rouge fait pour ça, on ne peut pas s'en étonner.

Ont défilé des associations de défense des droits de l'Homme, et des partis politiques, je n'ai vu que la gauche en fait, avec aussi un parti nommé "Initiative féministe" dont on m'avait donné le prospectus le 1er mai. J'ai également remarqué l'Université de Göteborg, et l'association des commerçants et industriels, la même association qui a offert des parapluies bleus aux invités du Guest service lors du festival des sciences. Il y avait aussi des groupes informels avec des gens déguisés, mais finalement, pas tant que ça. Des parents portaient des petits écriteaux "Papa fier" et Cie, aussi.


Bon, tout ça, pas très original. En revanche, la présence de l'Eglise luthérienne de Suède
alias Svenska Kyrkan l'était un peu plus, je trouve. Le slogan sur l'affiche rouge signifie "Ose être celui que tu es". Une occasion de se rappeler qu'en Suède, le mariage homosexuel est en vigueur, civilement, mais aussi au sein de cette Eglise.


Des bars ont fait leur pub, et puis aussi ce club dont la page internet indique qu'il est composé d'hommes gays forts, poilus et barbus, et assimilés, et de ceux qui aiment ça. Oui, sans aller voir le site, je n'étais pas sûre de ce que c'était. Leur petit groupe faisait partie des plus originaux, je trouve. Et honnêtement, torse nu avec un temps gris pas très chaud, c'est assez courageux, presque autant que les membres du Cortège de Chalmers sous la pluie fin avril.

Dans les trucs que j'ai remarqués, il y avait un couple déguisé en norme hétéro, id est un homme et une femme en mariés avec une poussette. A côté d'eux, des gens distribuaient des pierres en mousse avec lesquelles le public pouvait montrer son opposition à cette norme. A côté de cette défense de la liberté, une vision radicale était représentée par un autre bout du défilé. Composé d'une seule personne, okej. C'était un gars portant un panneau où il était écrit "Ban marriage", et qui voulait récolter des signatures. Si c'est de l'humour suédois, j'étais évidemment incapable de le saisir, mais en même temps, je ne vois pas comment ça pourrait être autre chose que de l'humour.

Oh, et des représentants de la Stockholm Pride était également présents. Ils sont un peu des exemples j'imagine, leur festival étant plus vieux. Celui de Göteborg n'en est qu'à sa deuxième année, il est rempli d'événements mais gagnera sans doute encore en ampleur dans les années à venir. La ministre de l'Europe a émis le souhait que l'an prochain, les organisateurs invitent à l'inauguration du festival HBT des représentants de pays où la situation des HBT est mauvaise, elle a notamment cité les pays baltes, la Baltic Pride ayant eu quelques problèmes il y a peu. Et moi, je suggère d'investir dans plus de baffles pour avoir plus de musique. Et pourquoi pas, de commander un ciel bleu. Même si après tout, l'arc-en-ciel ne dépend pas de la météo !

Sonntag, 16. Mai 2010

Vad ser man i Köpenhamn? (Que voit-on à Copenhague)

En Scandinavie, le printemps est toujours aussi timide, mais heureusement, cela n'empêche pas de croquer la vie à pleines dents et de découvrir un peu le coin. Depuis Göteborg, le "coin" comprend aussi bien Oslo et Stockholm que... Copenhague, fière capitale du Danemark, que j'ai découverte en compagnie d'un invité de marque transformé en courageux voyageur en bus. J'ai voyagé de la même manière vers cette dernière capitale scandinave, cependant, mon trajet a été bien plus court.


Nos quelques jours dans cette ville, dont on a tous entendu parler au moins une fois à propos du sommet sur le climat, ont été bien remplis, sous un ciel gris supportable jusqu'à hier matin, où les nuages ont crevé, faisant de nous des touristes mouillés. M'enfin, à part ça, tout s'est bien passé. A Copenhague, y'a plein de choses à voir et à faire, plein pour de vrai, heureusement ma raison l'emporte et me fait remplacer un éventuel récit exhaustif de nos découvertes par une petite sélection.


Nous avons marché dans des tas de parcs et dans des tas de quartiers différents, j'ai au passage noté que Copenhague est légèrement moins proprette que ses homologues scandinaves, ici déchets et graffitis ne sont pas impossibles à croiser. Une ville plus réelle, donc !


Avec cependant un endroit très original et surprenant, Christiania, le quartier autogéré depuis une trentaine d'années par des hippies. On s'y balade entre des bâtiments couverts de tags, on y lit des règles comprenant notamment l'interdiction des drogues dures, et on y est confronté à des échoppes pour touristes, comme sur les marchés de toute cité balnéaire par exemple. Je suis assez d'accord avec le courageux voyageur en bus qui relève un certain paradoxe dans l'association utopie-commerce.


On ne vend pas que des bibelots colorés à Copenhague. Qui ne sait pas que l'empire Carslberg est une entreprise créée dans cette ville-même, l'ayant enrichie et même doté d'un musée d'art, en plus d'un centre d'information sur la marque, hein ? Euh, au hasard, moi avant de mettre les pieds au Danemark. Le courageux voyageur en bus et moi avons visité l'expo retraçant l'histoire de cette bière, et la fabrication de cette boisson en général, trouvant le billet cher jusqu'au moment où nous avons compris que la dégustation de la fin consistait à choisir deux petites bières par personne, pas à laper deux gorgées. Les instants culturels se sont donc terminés par une séance à moitié beauf mais très chouette, bière, biscuits Ballerina au chocolat, et même une revue Cosmopolitan, le courageux voyageur pensant toujours à tout.


Nous avons par ailleurs constaté que même s'ils ont une bière célèbre à défendre, et même s'ils peuvent acheter de l'alcool partout (pas comme en Suède), les autochtones ont un côté scandinave qui se traduit notamment par la présence de vélos partout. Dans cette rue, un compteur indique même aux cyclistes combien de personnes sont passées là avant eux le jour même, et depuis le début de l'année.


Et puis quand nous étions trop fatigués à cause de la marche à pied ou du simple fait de croiser des accros du vélo ou de la course à pied, nous pouvions rentrer dans l'auberge de jeunesse, très fonctionnelle, et décorée sur le thème "La vie fantastique, facile et apaisée des moutons". C'est mignooon. Même si en vrai, dans la ville, nous n'avons pas vu de telles bêtes, mais plutôt des cygnes, des oies, des canards et des hérons. Dont j'ignore si la vie est aussi fantastique, facile et apaisée. En tout cas, une fois séchée et au chaud chez moi, j'ai pu à loisir constater que la mienne, lors de ces quelques jours dans la capitale danoise, l'était. Et en plus, j'ai même pas eu besoin de comprendre les plans, le courageux voyageur en bus s'étant laissé nommer responsable des itinéraires. Lalala, vive le cliché, et mille mercis à lui !

Mittwoch, 12. Mai 2010

Kådiskollen (Vérification des capotes)

Que les choses soient claires, j'ai pas mal hésité avant d'écrire cet article, parce que je crois qu'il joue sur des tabous en France. Mais pas ici, je vais parler de ce que j'ai vu dans tous les journaux, enfin au moins SVD, Metro et Göteborgs post, parce que je trouve ça surprenant. En Suède, l'équivalent du Planning familial s'appelle le RFSU, association nationale pour l'information sexuelle, qui se donne pour but, comme son cousin français, de favoriser liberté, santé et plaisir en matière de sexualité. Et pour la deuxième année consécutive, elle publie les résultats d'une enquête statistique nommée "Vérification des capotes" afin de mieux connaître le comportement des gens et d'ainsi mieux cibler les actions. Déjà, je crois qu'en France, on n'appellerait pas comme ça une telle étude.

Je savais avant de venir que la Suède avait des tabous en moins par rapport à la France, ou en tout cas un comportement différent vis-à-vis de la sexualité. J'avais lu qu'une chaîne de pharmacies d'Etat s'est mise à vendre des sextoys parce que c'est ce que le public voulait, et aussi qu'une campagne avait distribué des préservatifs numérotés l'été dernier, dans le but que chaque personne aille raconter sur un site ce qu'elle en avait fait. Tout cela se passe de commentaires...


[Ouais, j'avais pas envie de mettre une photo de préservatifs...] L'étude aussi est étonnante. Elle a comparé la Suède à ses voisins nordiques, id est Norvège, Finlande et Danemark.

Elle a d'abord une partie "normale" si j'ose dire, s'intéressant à la sécurité des rapports sexuels. Un truc inquiétant en Suède, 2/3 des 21-35 ans ont déjà eu une relation non protégée, alors même que c'est dans ce groupe d'âge qu'on trouve le plus de transmission de Chlamydia, et de grossesses non prévues. Et globalement, 29% des célibataires n'utilisent jamais de protection. Y'a du taff à faire... Une responsable du RFSU s'est exprimée en disant que les 21-35 ans sont trop âgés pour les gros efforts d'information envers les ados, et qu'il faudrait ne plus autant les négliger.

Un morceau suivant de l'enquête concerne la fréquence des rapports et la satisfaction des rapports. Alors, là encore, mauvaise nouvelle pour la Suède, elle est le pays du Nord où les gens sont les plus mécontents de leur vie sexuelle, avec les Finlandais. Les Finlandais cumulent, on peut lire que 8% ont des unions plusieurs fois par semaine, contre 27% des Danois. Les journaux titrent plutôt sur l'insatisfaction des Suédois, ça accroche plus que la première partie de l'étude. Honnêtement, je ne vois pas quoi en tirer, j'imagine que ça peut servir à des épidémiologistes en MST, en plus des travailleurs du RFSU. La responsable dit par exemple que si les plus de 50 ans sont assez peu sexuellement actifs, c'est parce qu'il existe des barrières sociales, alors même que ces personnes plus âgées aimeraient bien augmenter leur quota. J'me demande quelles actions seront décidées au RFSU. Je dirais bien de laisser les gens se débrouiller, de ne pas se mêler de leur intimité. Mais c'est bien que si des personnes aient une question, elles sachent où s'adresser, bien entendu.

Et pour finir, je ne sais pas si le RFSU souhaite utiliser ces résultats, mais en tout cas, l'étude a également porté sur les fantasmes des gens dans chaque pays. Fantasmes souvent non réalisés, mais cependant présents, avec des têtes de listes différentes dans chaque pays. Le sexe à plusieurs en Suède, dans des endroits où l'on peut être découvert en Norvège, et avec un ami au Danemark. Encore une fois, je ne sais pas à quoi ça doit mener. A part à mon sourire amusé.

Etonnants prolongements de l'analyse, donc ! Ils sont fous ces Suédois. Mais drôles.

Dienstag, 11. Mai 2010

Göteborgs botaniska trädgården (Le jardin botanique de Göteborg)

Hier, je me suis rendue pour la première fois au jardin botanique de Göteborg, alors même qu'il est tout bonnement collé au centre où je fais mon stage. Qu'est-ce qui m'a pris d'attendre si longtemps ? Hé bien, le printemps est arrivé tard, et avant le printemps, je ne voyais pas l'intérêt d'aller m'y promener, étant donné que ce que j'aime vraiment, ce sont les petites fleurs, sinon j'aime bien Slottskogen où on ne conseille pas d'offrande. Et puis lorsque j'ai réalisé que le Guest service de l'université allait organiser une visite guidée, je me suis dit que ce serait une bonne introduction au jardin.

Donc hier, en sortant du travail, j'ai simplement parcouru quelques mètres avant de rejoindre le groupe, où j'ai reconnu des gens de la première soirée du Guest service, du cours de suédois, de la visite de Kristineberg et de la soirée VIP au festival des sciences. Et les deux organisatrices habituelles, la blonde menue et la blonde dodue, toujours souriantes, et chargées d'étiquettes avec nos noms dessus, de la liste des participants comme à chaque fois, et de fruits, sait-on jamais, on pourrait mourir de faim sinon. J'adore être chouchoutée comme ça.


Le thème de cette année est la santé, c'est pour cela qu'on voit un ours jaune, car les ours en peluche sont le meilleur médicament pour les petits enfants, d'après notre guide, un Brésilien ayant fait sa thèse au centre où je suis en stage avant d'être embauché au jardin botanique. Il nous a donné le contexte, dont l'année de création de cet immense parc de 175 hectares, en 1910, et le travail mené, parfois en collaboration avec le centre d'à côté. J'ai eu envie de sourire quand il a dit qu'ils essayaient notamment d'adapter certaines plantes d'ailleurs aux conditions locales. Mouah ah ah, bon courage. Bon, en vrai, hier il faisait beau, et tiède.


En parlant du centre, c'est la première chose qu'il a tenu à nous présenter. Ici sont présents l'institut de la médecine de stress, le département de sciences environnementales et botaniques, et bien entendu, le département d'écologie marine, le meilleur de tous, enfin au moins celui où je passe mes journées depuis février. J'étais un peu embêtée de faire une visite guidée au centre, mais finalement il nous a juste montré un Ginko biloba près de l'entrée, je n'y avais jamais fait attention, faut dire qu'il n'a pas encore de feuilles.


Après, nous nous sommes baladés deux heures un peu partout dans le jardin, en découvrant les nombreuses collections, et en voyant de jolis endroits. Un potager, un jardin avec des herbes médicinales et trucs du genre, un parterre d'herbacées périannuelles (les trucs ni buissons ni arbres qui vivent plusieurs années), la vallée des rhododendrons, le jardin des pierres avec des plantes poussant dessus, le coin japonais, plein d'autres machins en plein air, et la serre. Y'a aussi un bois où l'on intervient pas, laissant les arbres vivre et mourir à leur guise, aux risques et périls des visiteurs, ce qu'indique un panneau n'ayant pas effrayé une vieille dame qui y est allée vendredi alors même que le vent soufflait fort, un arbre lui est tombée dessus, et la proximité de l'hôpital ne l'a pas sauvée. Une histoire atroce bien relayée par les médias locaux. Gloups. Nous n'en avons pas entendu parler lors de notre visite, nous avons juste admiré le jardin et pris le soleil.


Je suis une quiche en botanique, alors je ne sais pas ce que c'est parce que j'ai oublié de regarder l'écriteau, en tout cas, cette plante fait partie de toutes celles que j'ai trouvées jolies. Vraiment, une promenade aussi riche en couleurs et merveilles de la nature, sous un magnifique ciel bleu, ça a été fantastique et apaisant.

Montag, 10. Mai 2010

Flaggornas mysterium (Le mystère des drapeaux)

Ici, dans les grandes rues, quand on n'affiche pas de drapeaux suédois, on les remplace par des drapeaux de pub pour des trucs divers et variés, par exemple pour le Melodifestivalen. Depuis une semaine, un nouveau drapeau a envahi la ville, il n'a même pas été remplacé par le drapeau européen hier, sniff. Heureusement, il est joli et tout coloré. Il s'agit même d'un des drapeaux les plus joyeux au monde, je dirais.


Hé oui, vous l'aurez deviné, ce sont des drapeaux arc-en-ciel qui flottent au vent sur les grands axes du centre depuis une semaine.

Je me suis demandé pourquoi, dès la première fois où je les ai vus, et puis plus le temps passait, plus je me posais de questions, étant donné que rien ne se passait à côté à ma connaissance. Un signe de soutien à la gay pride baltique ? Que nenni. Une Suédoise de l'aumônerie m'a appris qu'un festival HBT, id est homo bi trans aurait lieu cette semaine dans la ville.

Après une petite recherche ciblée sur le site de Göteborgs post, j'ai enfin pu résoudre le mystère. Cet événement aura bien lieu, à partir de demain. Mais alors, pourquoi mettre des drapeaux dès la semaine dernière ? Hé bien, après avoir lu un article sur le festival, j'ai compris que les drapeaux doivent montrer à tout le monde qui aura investi dans la ville ces temps-ci. J'imagine que les mettre en avance est une première étape.

En plus de cette explosion de couleurs, le festival propose divers événements pour lutter pour les droits des HBT, mais pour aussi les faire connaître. A côté des conférences et des projections de film, on trouvera par exemple un cours pour apprendre aux gens qui sont les HBT. Je n'ai pas encore vu d'affiche, mais j'pense qu'il doit y en avoir quelque part.

Pour l'instant, je n'ai donc croisé que ces tonnes de drapeaux. Et samedi, quand ils faisait gris et mouillé, c'était chouette de voir des arcs-en-ciel partout avant même que le soleil ne soit réapparu.


Sonntag, 9. Mai 2010

Från Röda Sten till röda kuben (De la pierre rouge au cube rouge)

Hier après-midi avait lieu le vernissage d'une exposition d'étudiants en arts de deux formations de la ville, "Clouds of witness". Parmi eux, une Péruvienne que je connais, et qui nous a envoyé, à d'autres et moi, les infos nécessaires pour se rendre à l'événement, qui a réussi à bien nous motiver. Aller à l'autre bout de la ville, alors qu'il fait gris et mouillé, pour voir de l'art moderne auquel je ne comprends rien pourrait être étonnant, mais j'crois que quand on y va pour quelqu'un, l'esprit n'est pas le même ! Aussi, toute guillerette et protégée de mon imperméable violet, je me suis mise en route, ne me suis qu'à moitié perdue, et ai atteint Röda Sten en un temps raisonnable.


Voici le musée "Pierre rouge", petit bâtiment si on le compare avec l'énorme pont qui passe au-dessus de lui. Ici, nous sommes à l'Ouest du port central où l'on trouve notamment l'opéra. Il n'est rien d'autre qu'un grand hangar réaménagé mais conservant son allure ancienne, cependant.

Lorsque je suis arrivée, j'ai constaté que beaucoup de monde était venu au vernissage. Celui-ci s'étalait sur tout l'après-midi, lors de ma visite différents discours ont eu lieu, et les étudiants ont tous reçu une rose blanche. Heureusement, devant la plupart des oeuvres, y'avait quand même moyen de se faufiler pour regarder. Bizarrement, même si j'avais en main un prospectus avec leurs descriptions, j'ai observé les différents projets sans lire le contexte, parce que l'organisation du fascicule était trop compliquée pour moi ! Un plan pas clair avec des numéros, qu'on ne retrouve même pas à côté des oeuvres, posées là sans panneau même minuscule ; une liste d'artistes avec des numéros ; et enfin, une série d'explications d'oeuvres repérées par leur auteur. L'étape de recherche de ma position sur la carte dépassait déjà mes capacités blondesques. Heureusement pour mon orgueil, beaucoup d'autres visiteurs, et même notre amie péruvienne, étaient du même avis.

Je ne vais pas décrire touuutes les oeuvres, juste trois, celles auxquelles j'ai accroché, et que j'ai vraiment bien aimées.

  • La première que j'ai vue, un livre. Il s'agissait d'un album pour enfants illustré par des photos dont trois agrandies sur le mur d'à côté, et que nous pouvions feuilleter. Il racontait avec justesse l'histoire émouvante d'une petite fille retournant comme chaque été en vacances chez ses grands-parents, mais cette fois-ci après le décès de son grand-père, qu'elle revoit malgré tout. Mélange de rêve et de réalité, ce bouquin se conclut sur l'acceptation par la petite fille qu'elle ne verra plus physiquement son grand-père, mais qu'il sera toujours là pour elle.
  • La seconde, celle de notre amie péruvienne ! Elle exposait cinq vidéos d'interviews de membres de sa famille, tous péruviens, tous arrivés ici, pour certains avec déjà une double nationalité car le grand-père de l'artiste est suédois. J'apprécie beaucoup ce genre de films où l'on découvre des morceaux de vie des gens, ça m'a énormément fait penser à l'exposition "6 milliards d'autres" que j'ai visitée une fois à Rennes. Le but des entretiens filmés par notre artiste préférée est de s'interroger sur la construction de l'identité à travers les migrations et d'autres trucs du genre, comme elle l'a dit elle-même. Elle a écrit un article sur son projet, on le retrouve sur son blog. Elle envisage de poursuivre sur le même thème, l'immigration péruvienne en Suède, lors d'une thèse. Je suis sûre que cela promet de belles choses !
  • La troisième, celle de notre deuxième artiste préférée, hé oui ! Aussi préférée que l'autre même, nous la connaissons peut-être moins, mais quand même. Son oeuvre était très originale et amusante. Elle a fabriqué, avec l'aide de son mari ingénieur, un cube rouge rempli d'ampoules, qui s'illumine plus fort si on lui crie dessus ! On peut notamment l'insulter, et s'apaiser en regardant les jolies lumières. J'ai été charmée par l'idée, même si je n'ai pas hurlé moi-même, je dois être comme les Suédois, l'artiste américaine nous a expliqué qu'ils sont souvent trop calmes et n'osent pas s'attaquer au cube. Lui aussi a une page sur un site.
Après avoir vu le cube rouge de la pierre rouge, je suis partie, contente de m'être déplacée, et d'avoir eu un aperçu de la créativité et de la liberté de ces étudiants en arts. Et tant pis s'il faisait gris, ça a de toutes façons égayé mon samedi !

Samstag, 8. Mai 2010

Kärleken till skogen (L'amour de la forêt)

Les Suédois aiment la nature, en tout cas, c'est ce que l'on dit souvent d'eux. Préjugé dans la lignée de ceux sur les femmes du pays, cette vérité à vérifier me permet de ne pas m'étonner de croiser autant de gens lorsque je me rends à Slottskogen. Cependant, en ce qui concerne ce parc, l'explication peut être précisée, en effet, il est rempli d'arbres et ressemble à une forêt, or j'ai lu un article à ce sujet, hier dans la version papier du Göteborgs post, avançant des chiffres montrant que malgré le fait que de plus en plus de gens habitent à la ville, l'amour des Suédois pour la forêt n'a pas disparu. [On retrouve un article avec la majorité des chiffres présentés dans le GP en se rendant sur le site du Norran, ici.]

Hé oui, quand on demande à des autochtones où ils préfèrent passer leur temps en plein air, la réponse la plus courante est la forêt, suivie de la mer ou des lacs, puis des montagnes. Bon, on lit aussi que 30% des Suédois se contentent par ailleurs de n'aller dans la nature que quelques fois par an, m'enfin quand même ça ne signifie pas qu'ils n'aiment pas ça. Aller en forêt se traduit souvent par une promenade courte, d'une à trois heure(s), dans un bois voisin ou le parc du coin, parce que cela ne demande aucune préparation. Mais j'ai lu que 27% des amoureux de la forêt aiment aller y chercher des baies et des champignons. J'avoue que j'ai souri en lisant cela, je me souviens d'une leçon de mon manuel de suédois intitulée "En dag i skogen", "Une journée dans la forêt", et qui m'avait une fois de plus semblé bourrée de clichées. La protagoniste Manon Camus et ses amis y ramassaient des champignons et bavardaient de gâteaux à la cannelle et croisaient un élan. Bah finalement, on dirait que la vraie vie en Suède ressemble à ça.


[Un bout de paysage dans un bois, à Kungälv où je suis allée en compagnie de mon invité de marque.] Oh et l'article précise aussi quels sont les arbres préférés des Suédois. Je suis sûre que tout le monde meurt d'envie de connaître le classement, aussi le donné-je, démago que je suis : le bouleau en première place, suivi du chêne, puis médaille de bronze à la fois au hêtre et au pin, et enfin la quatrième place pour le sapin. J'ai à moitié honte parce que je ne fais pas la différence entre pins et sapins quand je me promène, je me dis juste que je suis entourée de conifères et que ça fait bien suédois. Et j'ai pas d'arbre préféré, ou alors si, le... cacaoyer, héhé.

Freitag, 7. Mai 2010

Vad vet vi om islam? (Que savons-nous de l'islam ?)

Hier, au groupe de jeunes de l'église, dans la lancée de nos rencontres de membres d'autres religions comme le judaïsme, nous avons reçu un Musulman d'origine turque, qui a évoqué pour nous pas mal de choses sur sa religion, qu'il avait envie d'aborder, ou qui répondaient à nos nombreuses questions. A la fois responsable de dialogues interreligieux et travailleur social à Göteborg, il nous a permis de réviser nos bases sur l'Islam, et d'apprendre pas mal de nouveaux éléments. Bavard - en suédois cependant ce qui a demandé à certains de s'improviser interprètes, rendant la discussion un peu pittoresque - et amusant, il nous a expliqué l'histoire de sa religion, éclairant ainsi la diversité au sein de l'Islam, entre Sunnites et Chiites, mais aussi au sein même de ces groupes. Le système scolaire français, avec les dates obligatoires au brevet au moins à mon époque, nous a permis, à une compatriote et moi, de pouvoir dire que Mahomet avait fui à Médine en l'an 622. La classe, héhé. Notre invité nous a rappelé des bases sur toutes les religions, comme le fait qu'il ne faut pas les confondre avec leurs traditions, ou la nécessité de respecter toute croyance, athéisme et agnostisme y compris. Oh et parmi les moults trucs intéressants que nous avons entendus, un élément sur les chiffres arabes m'a marquée. Ils sont le reflet d'un morceau de la philosophie musulmane : tout part de rien et devient un rien à la fin. Quand on compte, on part de zéro, et pour faire un nombre plus grand, on rajoute un zéro. J'ai trouvé ça fou, je n'avais jamais réfléchi à ça.

Et à Göteborg même, qu'en est-il de l'Islam ? Il y a de nombreuses communautés différentes disposant de salles de prière toutes simples. J'avais déjà entendu parler un peu des histoires de mosquées grâce au journal Faktum, j'ai interrogé notre invité sur le sujet, et fait un peu de biblio sur Göteborgs post. Hé bien, en ce moment, il y a bien déjà une mosquée dans la ville, mais elle appartient à un groupe un peu à part, créé par un Pakistanais soutenu par les Anglais lorsque ceux-ci ont quitté l'Inde, si j'ai bien compris. En tout cas, cette mosquée a été financée par de l'argent anglais, et n'accueille que les membres de ce groupe. Mais il y a quelques semaines, la construction d'une nouvelle mosquée a commencé à Hisingen, qui est un quartier de la ville située de l'autre côté du port par rapport au centre. Elle accueillera tous les musulmans, aura un minaret bien entendu, et sera la façade de l'Islam à Göteborg. Sa création était souhaitée depuis quelque chose comme vingt ans, et même une fois la décision prise, des obstacles se sont présentés, un comité d'opposition comprenant notamment des néonazis s'est mis en place. En plus des gens étant tout simplement contre l'idée d'avoir une mosquée à cet endroit, d'autres ont remis en question le financement de l'édifice, l'argent venant d'Arabie saoudite, une dictature donc.

Malgré tout, d'ici un an, la nouvelle mosquée devrait être terminée. Et peut-être que le groupe de jeunes de l'église ira la visiter et rencontrer des membres de cette autre religion du livre ? Ce serait sans doute passionnant, mais moi, je ne serai plus là, tant pis !

Donnerstag, 6. Mai 2010

Andra Avenyn finns det inte längre (Il n'y a plus Andra Avenyn)

A Marseille, deuxième plus grande ville de France, on tourne "Plus belle la vie". A Göteborg, deuxième plus grande ville de Suède, on tourne... "Andra Avenyn", id est "La deuxième avenue" (un jeu de mots sur l'Aveny, grande rue ici, j'imagine). J'avais découvert cette série sur le site de la chaîne de télévision SVT, et j'en avais regardé quelques épisodes pendant les vacances de Noël précédant mon départ. Je l'avoue, heureusement que j'étais en congés, l'émission n'étant pas très instructive, et pas très drôle finalement. Des histoires de couples, d'alcoolisme, une adolescente déjà mère, son copain se faisant embaucher par un criminel pour subvenir à leurs besoins, une entreprise de famille avec toutes les jalousies possibles au sein de la fratrie, etc., Andra Avenyn avait tout pour plaire. Et malgré tout, au bout de trois saisons, pof, la série s'est terminée hier. Je ne la regardais pas ici, d'ailleurs jamais personne ne m'en a parlé, j'aurais presque pu oublier l'existence de la chose jusqu'à ce que j'aperçoive un article sur son arrêt, au grand désespoir de ses fans.


A moi, la série ne manquera pas, mais j'avais bien aimé entendre un peu de suédois sans me prendre la tête sur le sujet des conversations, parce que drames ou pas, les drames au sein des séries ne m'atteignent pas trop. Et puis, ça avait été un vrai bonheur d'apercevoir des morceaux de la ville lors de certaines scènes, et lors du générique, court, que l'on peut visionner ici. Avachie devant mon ordi, je pouvais faire semblant de préparer activement mon prochain séjour en Suède. Merci, et adieu, Andra Avenyn.

Mittwoch, 5. Mai 2010

Mer kött på benen (Plus de viande sur les jambes)

A la fika de ce matin, j'ai appris une expression idiomatique que j'ai trouvé particulièrement bien trouvée. La fika du mercredi permet de temps en temps à un responsable du milieu de travail de donner des informations sur des questions liés aux bâtiments, à la sécurité, etc. Aujourd'hui, pas mal de données nous ont été présentées, au passage j'ai à peu près tout pigé, par opposition à la première fois où j'avais eu une compréhension plus, hem, globale.

A la fin de son discours, le monsieur nous a dit que nous avions à présent "plus de viande sur les jambes". L'expression signifie avant tout que nous sommes à présent bien renseignés.


Mais après avoir dégusté une part de ce genre de gâteau à la cannelle et au gras et au sucre, le vrai ayant en plus de la crème à la vanille sur le dessus, je me suis dit que oui, j'aurai sans doute bientôt plus de viande sur les jambes... Je sais, la graisse c'est pas de la viande, mais tant pis.

Dienstag, 4. Mai 2010

Kursen i svenska har tagit slut (Le cours de suédois est terminé)

Hé oui, ça y est, les dix séances sont passées, et vraiment, je trouve que cela pourrait constituer une bonne occasion d'introspection sur tout ce que j'ai vécu depuis le début de cette session de suédois, quand il faisait encore froid, que la neige et la glace recouvraient encore le sol, et que j'étais moins adaptée. Mais en fait, une grande réflexion comme ça, euh, je n'en ai pas envie ce soir, et de toutes façons, penser au temps qui est passé n'empêchera pas les journées de continuer à s'écouler à toute vitesse, me laissant à chaque fois un peu plus empreinte de Suède (et de considérations sur les phoques, accessoirement). Je me contente de me dire que je ne me suis pas vraiment ennuyée ! Ou plus exactement, les moments difficiles ne m'ont pas traumatisée à vie.

Assez paradoxalement, ce cours de suédois était nommé "Spring course", alors que le printemps n'a commencé que vendredi dernier ici, par la fête de Valborg. Enfin, nan, en vrai, la définition météorologique du printemps est une période de sept jours de températures quotidiennes moyennes positives. L'objectif a été atteint il y a un certain temps déjà, heureusement. Mais pas dès le début du cours, ah ça non !

Je crois que j'ai vraiment bien aimé aller en suédois chaque mardi soir, pas pour la langue, dans laquelle je progresse surtout grâce à mon immersion au centre et aux articles de journaux dont je me délecte assez régulièrement, mais plutôt pour l'ambiance bon enfant que j'ai déjà évoquée une fois ici. Nous avons fait de la grammaire, mais surtout beaucoup parlé, de la Suède et de nos pays respectifs, de nos petites habitudes. Le prof adorait poser des questions à chacun, et moi, j'aime bien écouter les réponses des autres, ces petits morceaux de vie. Mes camarades, pas forcément tous très travailleurs en-dehors du cours, étaient toutefois tous sympathiques et souriants. Et motivés, au fond, juste pas forcément très organisés, je dirais.

Notre enseignant partira à la retraite l'an prochain, et nous disait parfois qu'il était vieux. Il avait un côté étrange, dans sa manière de se comporter, et aussi dans ses mouvements, et le bruit bizarre que ça faisait quand il se frappait la poitrine, mais il avait aussi un potentiel attachant assez important. Toujours gentil, patient, motivé. Et facile d'accès aussi, il nous a parlé de sa famille, de son arrêt du snus qu'il remplace par des sachets de thé, de son passage à l'hôpital ce week-end parce qu'il s'est soudain trouvé paralysé des bras vendredi, apparemment ce n'était pas si grave que ça. Enfin, ça m'a fait de la peine pour lui, il portait encore son bracelet de patient, je ne sais pas pourquoi, en tout cas, je me suis rendu compte que finalement, je l'aimais bien.

Nous avons reçu un diplôme indiquant la proportion des cours à laquelle nous avons assistée. Avec mes 90% j'ai été particulièrement assidue, je n'ai séché que pour aller au festival des sciences, j'aurais pu aller à la deuxième moitié du cours ce jour-là, mais je n'en mourais pas d'envie. Le papier, en anglais d'un côté et en suédois de l'autre, stipule également que nous avons fait le travail demandé. Euh, oui, bien entendu. Hem.

Et puis le cours a terminé comme il avait commencé, id est une fika nous a été offerte à la pause, boisson chaude et kanelbulle, miam miam, et "onomatopée traduisant le bonheur de bavarder avec des gens". Une page se tourne à présent... D'après le sondage informel du prof, la plupart de mes camarades sont là depuis plusieurs mois, et resteront en tout plusieurs années. Je suis une intruse, mon passage en Suède aura été très court puisque je m'envolerai vers la France et de nouvelles aventures fin juin. Court, mais jusqu'à présent, kul !

Gymnasievalet (Choix du lycée)

"Val", en plus de "choix", signifie aussi "vote". Etant donné que les Suédois vont élire leur parlement à l'automne, le mot ressort régulièrement dans les médias à propos des élections. Cependant, en ce moment, de grandes décisions sont également prises, à plus petite échelle, par les Suédois voulant entrer au lycée à la rentrée. Le lycée commence lorsque l'on a à peu près 16 ans, on peut en en ressortir, trois ans plus tard, sans examen, mais prêt à aller à l'université, selon ses diverses modalités, financé par l'Etat si on le souhaite, ou à chercher un travail. Et au printemps, là maintenant, les jeunes Suédois formulent leurs voeux, la première vague de réponses d'admission commencera fin juin, la dernière sera début septembre. D'après Metro, à Göteborg, les adolescents obtiennent le plus souvent la filière et l'établissement demandés.

Car oui, ici aussi, sans surprise, il y a différentes filières, 17 pour être exacte. L'admission dans chacune d'elles dépend des notes obtenues auparavant, notamment dans des matières piliers, comme le suédois, l'anglais et les mathématiques. Au choix :

  • Samhällsvetenskapspgrogrammet (SP), filière sciences sociales, la plus populaire dans la ville, on trouve même un lycée avec une spécialité "Chine" où l'on apprend le mandarin et des trucs sur ce grand pays,
  • Naturvetenskapsprogrammet (NV), filière scientifique, deuxième au palmarès de Göteborg,
  • Estetiska programmet (ES), filière culturelle avec des options comme la danse, la musique, le théâtre, etc., troisième chouchoute,
  • Elprogrammet (EC), filière électrotechnique, quatrième demandée,
  • Teknikprogrammet (TE), filière technique, cinquième filière la plus populaire,
  • Et des tas d'autres, 13 autres en fait, parmi lesquelles une série agroalimentaire, une série médias, une série commerce et administration, etc. On remarquera qu'ici sont mélangées sans distinction ce que nous appelons filières générales, technologiques ou professionnelles en France, cependant il est évident que dans les faits c'est un peu pareil, certaines filières préparent à un métier, et d'autres à la poursuite d'études dans le supérieur. A ces séries classiques s'ajoutent bien sûr des parcours adaptés pour des sportifs et artistes, et des recettes locales, un lycée peut proposer le programme qu'il veut, tant qu'il a certaines matières principales.
La filière Commerce et administration fait partie des trois possibilités que m'a donné es un test où je corresponds le plus à "Globala Gry", "Gry mondiale" (Gry étant un prénom). Les deux autres idées qu'on m'a données était un lycée international ou un lycée à l'étranger. En vrai, Gry était presque à égalité avec "Vårdande Viktor", "Viktor soigneur", qui doit bosser dans le service aux personnes, j'imagine. Moi, on m'a plutôt orientée vers le tourisme, hihihi, je suis plus une touriste qu'une future professionnelle du tourisme, mais bon, passons. J'étais aussi proche de "Naturnära Nina", "Nina proche de la nature", et de "Logiska Lukas", "Lukas logique", ouf, ça correspond mieux à mon cursus actuel.

Je n'aurais en effet pas trop envie de revenir sur les bancs du lycée, j'aimais bien le lycée mais je ne veux pas tout recommencer maintenant. De toutes façons, je suis trop vieille, et devrais trouver d'autres dispositifs, qui existent, pour les adultes, les communes sont obligées de les former. Tout comme elles sont tenues de proposer des programmes individuels à ceux qui ont des difficultés : pas eu une note suffisante dans l'une des matières piliers, été malades longtemps, subi des problèmes familieux, etc. Ces programmes leur permettent de se préparer à rentrer dans une filière classique, ou carrément de finir leur lycée si j'ai bien compris. En tout cas, on souhaite renforcer leurs connaissances et leur confiance en eux pour les préparer à des études ultérieures.

Je n'ai rien lu, jusqu'à présent, sur les dysfonctionnements du système, sur les problèmes de carte scolaire, etc. J'ai juste lu que les toilettes des écoles sont souvent dans un état lamentable, et que les différents partis candidats au pouvoir font différentes propositions pour lutter contre ça. Je dirais donc, en conclusion, que le système scolaire du lycée ressemble à celui de la France, même si ici il n'y a pas de "Seconde générale et technologique" et qu'un lycée professionnel ne se fait pas en 4 ans. Et que les petits soucis de la vie de tous les jours ne diffèrent pas trop non plus. En revanche, je crois que lorsque je m'intéresserai à l'enseignement primaire et secondaire jusqu'au collège, je constaterai plus de différences, d'après ce que l'on m'a dit.

Montag, 3. Mai 2010

Rullator (Déambulateur)

Attention, ce que je vais écrire n'a sans doute aucune valeur statistique. Je compare les populations de personnes âgées en France et en Suède sans même connaître la taille des échantillons que j'ai observés dans chaque pays, et je ne suis pas sûre d'avoir passé autant de temps dans les mêmes environnements dans mon pays natal et mon pays d'accueil. Mais, quand même, un truc a continuellement attiré mon attention ici : les déambulateurs.


Avant, le mot "déambulateur" évoquait pour moi ce genre d'appareils, et encore, je suis gentille d'en avoir choisi un avec deux roues. Et le terme me faisait penser à des personnes qui ne pouvaient plus se déplacer que très peu, et qui ne quittaient pas vraiment leur chez-eux.


Ici, un déambulateur, si on tape le mot "rullator" sur Google, c'est avant tout cela. Un engin plus mobile, très pratique avec ses roues, ses freins et son petit panier, et que l'on croise régulièrement dans la rue, poussé par des petits vieux encore assez en forme. Bon, j'imagine qu'au bout d'un moment, les Suédois, aussi sportifs qu'ils soient, peuvent finir par en être réduits au déambulateur à la française. Mais une chose est sûre, en France, je ne voyais pas autant de déambulateurs à la suédoise, en fait, je n'ai même pas un seul souvenir de ce genre d'appareil.

Je me garderais bien de tirer une quelconque conclusion à ce propos, mais je me pose pas mal de questions. Pourquoi n'ai-je jamais vu de si chouettes déambulateurs en France ? Est-ce de ma faute, ou en trouve-t-on vraiment moins ? Et si les déambulateurs à la suédoise ont moins d'utilisateurs dans l'hexagone, pourquoi ? Une question de mode ?

Samstag, 1. Mai 2010

Faktum, Göteborgs största gatutidning (Faktum, le plus grand journal de rue de Göteborg)

Okej, le grand truc le 1er mai est de défiler, dans une ambiance festive ici, j'ai vu un orchestre en haut de l'avenue jouant pour une foule rassemblée avec drapeaux et bannières. [En parlant de drapeaux, la fête du travail est une journée du drapeau, et comme hier était l'anniv du roi... ça fait deux journées bleues et jaunes à la suite !] J'ai même admiré des gens courant pour rattraper leur retard sur les gens défilant avant eux. J'ai en fait croisé la manifestation plusieurs fois lors de mes pérégrinations dans la ville. J'adore me promener dans Göteborg, avec plus ou moins d'objectifs à chaque fois. Dans la rue, il y a des gens flânant comme moi, d'autres plus décidés, et puis les vendeurs de Faktum interpellant gentiment les passants.


Faktum, késako ? [A part le mot suédois pour "fait", bien entendu] Il s'agit de la revue des sans-abris de la ville, dont j'avais d'abord entendu parler dans un livre, où la narratrice dépressive ne parlait plus qu'à une vendeuse de Faktum avec qui elle prenait même la fika, avant que cette SDF ne change de lieu de travail. Et ensuite, j'ai croisé des vendeurs, et me disais, ah ouais, pourquoi pas, un jour. Contre toute attente à cause de mon état d'esprit initialement passif, j'ai fini par sortir mon porte-monnaie et acheter la revue, le mois dernier. Et aujourd'hui, j'ai croisé un vendeur proposant le numéro de mai, et ai renouvelé mon geste. Le truc chouette, par rapport à Glamour par exemple, est que sur les 40 couronnes que l'on paie, 20 vont au vendeur lui-même. A 20 couronnes au 7 Eleven, on a un café et un kanelbulle, grâce au slogan "Rea p
å fika", "Promo sur la fika". Le don est donc petit sans l'être trop.

Faktum est une revue assez courte, mais sa quarantaine de pages comprend des articles très intéressants. Dans le numéro d'avril, j'ai appris que le logo de la fondation "Rädda barnen", "Sauve les enfants", allait être changé car son auteur s'est révélé pédophile, et pas juste parce qu'il aimait les enfants, hein. J'ai également lu une description passionnante et terrifiante des punitions collectives et de la criminalité dans Västkustfamiljen, un centre de redressement du coin, description tellement bien faite que les réactions ont permis de vraiment mettre à jour les problèmes, le numéro de mai dit même que certaines communes ont décidé d'arrêter d'envoyer des jeunes dans ce centre. Et puis dans le numéro du mois, j'ai bien aimé l'article écrit après une rencontre entre Musulmans et Juifs sur le thème de la haine contre les religions, y'a eu des protestations contre la construction d'une mosquée à Göteborg, mais qu'on se rassure, elle sera mise en place malgré tout, tout comprenant des néonazis, rien que ça.


Bref, j'aime bien Faktum. Ci-dessus, une pub pour leur fan club, dont je ne fais pas partie, sinon j'aurais le droit à un pins, pas un tatouage. Le but de Faktum est d'aider des personnes à s'aider elles-mêmes, et de les aider à retrouver la confiance en soi et la dignité qu'elles ont perdues. Un principe louable, et ça, plus la revue chouette, plus les vendeurs souriants, hé bien, ça me rendra plus ouverte en France quand j'aurai la même opportunité d'achat.