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[Bouuuh là je ressens le manque de photos, terrible. Lecteurs, allez vous-mêmes en Suède, c'est trooop bôôô, croyez-moi !]
Hier, veille de mon oral pour le fun au centre, je n'avais pas grand-chose à faire, et plutôt que de me caler devant mon ordi au travail avec du vocabulaire suédois, sans grande surprise j'ai préféré réfléchir à une excursion. Que faire, où aller ? Il me restait des sous sur ma carte de transport, alors j'ai cherché de jolies choses à voir pas trop loin. Et j'ai pensé à Delsjön, qui abrîte un tueur de sapins bien sûr, et une réserve naturelle, où je n'avais pas espoir de démasquer l'abruti, hélas, mais de me promener gaiment. Je m'étais dit y'a longtemps que ce serait chouette d'aller là-bas, et j'ai été aidée dans ma décision par le fait que la narratrice du roman que je lisais ce week-end, aussi antipathique qu'elle soit, racontait ses promenades dominicales à Delsjön avec ses parents. Pof pof pof, crème solaire étalée sur la tronche face au soleil, et sac sur le dos, je suis donc partie prendre le tram 5 à Korsvägen, première place de Göteborg où j'ai posé le pied. [Emotion.]
J'avais repéré un arrêt proche de l'immense réserve naturelle, Törpersgatan, et pas trop réfléchi à l'itinéraire à suivre depuis celui-ci. La première personne que j'ai abordé m'a ignorée en beauté, la seconde était une touriste semblant sortir du village d'hébergement du parc d'attractions Liseberg, et la troisième, ouf, m'a répondu "där uppe", "là haut". Hmm. J'ai en effet grimpé une route, et ai atterri dans un complexe sportif gigantesque entouré d'arbres, avec notamment des gamins braillant sur des terrains de foot. J'ai continué en suivant mon instinct et des panneaux inquiétants : "lac Bidule, 8km", zut alors, et "lac Machin, 8.5km", euh, je vais me contenter de la forêt ; "frisbee", aaaah naaan ne me dites pas que des gugus lancent des frisbees dans le coin !
Et en fait, j'ai eu de la chance. J'ai adoré suivre un chemin large et bien entretenu entre les arbres laissant passer lagom ljus och värme, juste ce qu'il fallait de la lumière et de la chaleur, et croiser quelques coureurs et marcheurs accompagnés de poussettes ou de chiens, présence humaine parfaitement lagom, juste ce qu'il fallait pour ne pas se sentir isolée, ou oppressée comme à Montparnasse la veille du week-end de Pentecôte. J'ai marché sur la voie en essayant d'avoir le trajet le plus logique qu'il soit afin de pouvoir revenir sur mes pas au retour. Je n'avais en effet pas de petits caillous blancs avec moi, juste mon paquet de biscuits Singoalla de survie, seulement le conte dit bien que les miettes, ça marche bof. Et cet itinéraire bizarre et aléatoire a guidé mes pas à un lac. Oh, joie ! [Même joie que samedi dernier.]

[Photo piquée ici.]
En réalité, il s'agit d'un étang, en tout cas, c'est ainsi qu'on le nomme, "Härlanda tjärn", "étang Härlanda". On remarquera la petite plage au bout. C'est là, au milieu de ma promenade, que je me suis laissée tenter par une glace. Y'avait pas de fraises, alors je n'avais pas le choix, hein. Faire cette pause au milieu de ma promenade pour admirer l'étang en me restaurant avec gourmandise, au soleil derrière mon filtre UV réappliqué quelques minutes plus tôt, devant un lac tout bleu entouré d'arbres, c'était un petit morceau de paradis tombé du ciel, au milieu de ce nulle part que je n'aurais pas su situer sur une carte. Et c'était très suédois aussi, parce que ma glace était un cône Daim, miam.
Cette année, le 30 juin plus exactement, le service militaire sera supprimé en Suède. Je n'ai pas l'impression qu'il était pas un passage obligé ces dernières années, d'après Wiki, tout le monde n'était pas appelé à la formation après le remplissage d'un questionnaire en ligne. Et je n'ai pas entendu parler de beaucoup de gens l'ayant fait, à vrai dire, ptêt quelques uns, et je me souviens d'un gugus sur un bateau militaire dans un livre que j'ai lu. M'enfin, apparemment, la disparition du "värnplikt" change quelque chose, et du coup, l'armée suédoise, présente notamment en Afghanistan, fait en ce moment de la publicité dans les rues et à la télé, afin de recruter des petits jeunes.
Sur les trottoirs de Göteborg, on croise des affiches très sobres avec des phrases comme "Ta cousine pense que nous ne devrions pas défendre la paix à l'étranger" ou "Ton pote ne veut pas avoir d'aide en cas de catastrophe naturelle", avec en-dessous, "As-tu ce dont on a besoin pour avoir un avis ? Si oui, dis-le nous !". Je n'avais pas vraiment saisi que c'était l'armée, à vrai dire, je n'avais pas regardé l'adresse, je ne m'étais pas posé la question. Je trouvais la campagne étrange, et un peu facile quoi, évidemment que tout le monde est choqué d'imaginer ne pas avoir d'aide en cas d'inondation, en vrai. Et si, il y a des inondations en Suède, par exemple, la fonte des neiges au Nord a posé quelques problèmes au printemps.
Et là, ce matin, SVD parle des spots télévisés, qui sont bien marrants à vrai dire... Regardez au moins celle-ci en cliquant là (vidéo courte, inoffensif lien vers YouTube): à la fin, ce qu'on dit, c'est "On attend ton avis". Je trouve ceci encore plus facile. Mais oui, allez-y, attaquez ces vilains pirates ! Et j'ai souri en voyant le drapeau suédois sur le zodiak, flottant au vent sous un magnifique ciel bleu. On pourrait se dire que faire de la pub ainsi est après tout bien normal, même si les choses sont rendues un peu idylliques. Je pense que tout Français ne s'engage pas après les discours mélioratifs de la JAPD, par exemple, chacun conserve son esprit critique et sa liberté, nan ?
Hé bien, peut-être pas. Les critiques fusent, disant qu'on a pas à utiliser les techniques classiques de la mercatique pour des questions aussi sérieuses. S'engager est une question de vie ou de mort, contrairement à l'achat d'une lessive ou d'un morceau de bikini H&M, ainsi, ces publicités seraient dangereuses. Et surtout, surtout, le gros problème est qu'elles sont mensongères. Les beaux Suédois en uniforme voguant courageusement sur la mer ne sont autres que des acteurs Sud-Africains filmés dans leur propre pays. Et pareil pour cette vidéo, la base n'en est pas une. Des gens disent qu'on ne peut pas se permettre de vraiment filmer l'armée, et pourtant cela a déjà été fait... Et entre les différents avis, difficile de savoir si à défaut d'être la réalité, ça y ressemble.
On verra si de jeunes Suédois pris de l'envie de sauver le monde malgré leur caractère paisible se sentent lésés dans quelques années... Hmm, c'est ptêt un peu grave en fait. Un débat sans doute plus intéressant que celui sur l'entrée de Victoria dans l'église samedi...
A côté de la routine habituelle et des voyages, j'aurai eu la chance d'aller à quelques spectacles à Göteborg, hé oui, je ne suis pas tant que ça hemmakväll-olique. Le Melodifestivalen et son spectacle marrant à paillettes, le Medicinarspex et ses étudiants enjoués, le concert de gospel et sa bonne humeur contagieuse, et... Un opéra hier ! Pour la toute première fois de ma vie, alors j'y suis allée avec un esprit de petit enfant curieux et enthousiaste. Et aussi une petite robe, pour ne pas trop détoner au milieu des gens bien habillés. Une petite robe... Et des collants et un petit pull et une écharpe, et même un coupe-vent dans mon sac pour le mettre au retour, et mes baskets, mais ça, pas à cause des quinze degrés et du vent léger hier, c'est juste que je n'ai pas mes sandales ici. De toutes façons, marcher une demi-heure jusqu'à l'opéra en talons, je n'aurais jamais pu.
Voici une des affiches qui, il y a deux mois et demi environ, m'ont fait penser à aller traîner sur le site de l'opéra, et à y réserver une place étudiante pour une représentation de La flûte enchantée. Un dimanche soir par souci d'économie, et en juin, mois qui me paraissait si lointain, alors qu'il est arrivé très vite finalement, avec ses longues journées parfois ensoleillées. Avec mon vieux billet acheté avec joie et anticipation, j'étais toute contente de me diriger vers le port hier, et de ne pas me contenter de passer à côté de l'opéra, cette fois-ci.Il y avait des tas de gens attendant l'ouverture des portes, j'ai pu les observer quand je ne lisais pas le programme ou mon livre du moment. Tous les âges étaient représentés, avec de jolis habits. J'ai notamment remarqué un jeune homme portant un noeud papillon et un costume légèrement ringard assorti, j'étais surprise car les noeuds papillons, j'en vois vraiment peu. Et aussi une petite fille habillée comme pour une veillée de Noël je dirais, les cheveux attachés par un gros ruban rouge, et avec une robe grise à plusieurs jupons. Elle avait l'air d'une petite poupée comme ça, et j'ai vu une jeune femme se retourner vers elle en souriant, sa maman pouvait être fière.J'étais bien placée, et ai ainsi donc pu profiter dans de très bonnes conditions de cette première sortie à l'opéra. La salle m'a semblé quasi-pleine, je n'ai vu qu'une seule place vide... Celle qui était à ma gauche. Ptêt que j'avais l'air d'une pauvre fille à qui Sven ou Anders venait de poser un lapin, du coup, mouarf. Hé non, je l'avais juste renvoyé chez lui parce qu'il était arrivé à l'opéra sans noeud papillon, lui.
[Pamino avec les trois Dames que j'ai trouvé chouettes, même si le personnage le plus amusant est évidemment Papageno, au fond.]Pendant le spectacle, je n'ai pas eu le temps de penser à ces choses stupides, j'ai surtout écouté et regardé. Ecouté la musique, les chants, les dialogues. Et regardé le jeu, la danse, les décors, la lumière et... Les sur-titres ! Hé oui, les paroles des chants étaient projetés au-dessus de la scène. Cela m'a permis de bien m'imprégner de jolies phrases, et a effacé mes craintes, j'avais légèrement peur de rater quelque chose du suédois. [J'aurais sans doute eu la même appréhension en allant voir un opéra en allemand, cependant.] La flûte enchantée est bien entendu autrichienne, mais les Suédois, qui ne doublent jamais les films, prennent la peine de réécrire tous les textes dans leur langue, ce qui n'est pas bête puisque les interprètes la maîtrisent sans doute mille fois mieux que tout autre dialecte.
Voici la fantastique Reine, faisant son entrée à la Paris Hilton. J'ai été vraiment séduite par les costumes et décors, surtout lors des scènes claires et colorées, ça dégageait des ondes très positives. Les lunettes de soleil n'étaient pas le seul élément étonnant, la petite vieille qui veut embrasser Papageno est arrivée en déambulateur, même si en vrai, elle n'en avait pas besoin.J'ai vraiment bien aimé tout ça, sans esprit critique bien sûr, j'ai bien dit que j'étais comme un petit enfant, j'ai tout absorbé...
... Et j'étais bien contente que les choses se terminent bien pour ces deux-là, même si je n'ai pas vraiment réussi à complètement m'attacher à eux, parce que les Bisounours, ça n'existe pas dans la vraie vie.Cependant, aller à l'opéra, ça n'était pas exactement la vraie vie, plutôt une sortie culturelle très réjouissante dans une ville qui a fait du chemin depuis ses débuts plutôt rustres. Jag älskar Göteborg!
Tout d'abord, je dois faire ici une triste annonce, celle du décès de mon appareil photo, après trois ans de bons et loyaux services commencés en séjour linguistique à Berlin. Sniff, le temps passe. M'enfin, je ne peux pas me plaindre, la bête était la moins chère proposée par le catalogue La Redoute à l'époque, et a pas mal servi. Je ne pense pas réinvestir avant de partir, du coup, hé bé, j'aurai une bonne raison d'être bavarde. Et aujourd'hui, ma source d'images n'est autre que le site de la commune d'Alingsås, petite ville à l'Ouest de Göteborg, à peine une demi-heure de train dans chaque sens, avec de jolis paysages sur la route. Enfin, j'ai vu ça en levant les yeux de temps en temps, je lisais, ça m'a évité de murmurer "Oooh c'est bôôô" en permanence et de me faire assassiner par les autres passagers.
Voici l'image idyllique présentée par le site officiel... Hmm, je n'ai pas eu le droit à un tel ciel bleu, et à ces fleurs jaunes, mais mon excursion était très chouette malgré tout. Il a plu, par averses fréquentes mais légères avec des intervalles secs assez longs pour que je puisse retirer ma capuche, je ne sais pas pourquoi je ne la supporte pas longtemps, ptêt une crainte inavouée que mes cheveux moisissent ? A la pluie s'ajoutait un vent impressionnant, assez bien orienté pour ne pas m'envoyer dans le lac, cependant sa force, ou ma légèreté, m'a surprise à certains moments. Le reste du temps, j'étais ravie du temps, j'aime bien sentir l'air bouger autour de moi, surtout quand des barettes sauvent ma visibilité à l'avant, et j'étais assez couverte pour ne pas frissonner face aux 13°C ambiants, disons.
Alingsås, encore un endroit que je ne regrette pas d'avoir visité, parce que...

... Le centre est tout mignon, tout suédois des clichés, avec des échoppes et maisons en bois de couleurs pastel, et plein de cafés. Je n'ai pas extrêmement bien choisi celui de mon déjeuner, assez moderne, mais en vrai, la ville regorge de paradis à fikas ou autres séances de boissons, je suis juste restée trop peu longtemps pour en visiter, à vrai dire, ç'aurait été mon plan B en cas d'intempéries monstrueuses. J'ai croisé des tas d'autochtones, vraiment presque aucun autre touriste, en train de faire leurs courses ou leur balade du samedi, un jour tranquille où beaucoup de magasins ferment l'après-midi. Un centre-ville pas très grand, mais très plaisant, donc.
... Il y a des chemins de promenades agréables. J'ai marché dans un bois et près de prés et de quartiers résidentiels ce matin, me disant que les habitants avaient un environnement de rêve, et j'ai été détrompée en découvrant la ville du côté de Haga, où il y a entre autres une réserve naturelle. Haga, le meilleur lieu de la commune où avoir une maison. Le sentier que j'y ai suivi m'a amenée au bord d'un cours d'eau zigzagant et hébergeant de petits bateaux à moteur, et au bord d'un LAC. Les lacs en Suède, image bien connue, et j'en ai vu plusieurs maintenant (notamment à Jönköping, à Vänersborg et dans la cambrousse)... Cependant, impossible de s'en lasser, que ce soit par les points communs ou les différences entre eux, l'émerveillement demeure ! Aujourd'hui, le lac Mjörn était secoué de nombreuses vagues, prouvant la force du vent, comme les deux-trois personnes en kite-surf d'ailleurs.
Hé oui, à Alingsås aussi, on fait du sport... Et dans le cadre du festival de la patate - Jonas Alströmer, qui a initié les Suédois à la consommation de ce tubercule, est né à Alingsås - est organisée une course à pied, la Course de la patate. Voici donc ma seule déception de la journée : non, les participants ne sont pas déguisés sur le thème du hachis parmentier, des frites et de la purée. Et ils ne courent pas comme des patates, ce sont des gens aptes à défendre l'image sportive du pays, à défaut de participer à la Coupe du monde en jaune et bleu.
[La traduction plus immédiate de "mysig" est "cosy", terme plus large que "confortable", je trouve, mais mes scrupules d'adepte du Grand dictionnaire terminologique m'empêchent d'utiliser l'anglicisme.]
Une fois, dans le Göteborgs post, j'ai lu des témoignages de gens répondant à la question "Que fais-tu lors d'une soirée à la maison ?". Article pas-si-on-nant bien entendu, j'ai été confortée dans ma normalité, il semble courant de manger tranquillement, de lire le journal, une revue ou un roman, de regarder des émissions télévisées, de communiquer avec des proches. Et moi, j'en profite aussi pour faire ma lessive en m'étant bien sagement réservé un créneau.

Si j'avais des envies de cinéma et pas envie de me contenter de la bibliothèque municipale gratuite, je pourrais me rendre, avant la soirée, dans un des magasins de la chaîne Hemmakväll ou "Soirée à la maison", et y louer ou acheter un DVD. En attrapant au passage un bon soda bien sucré et quelques godis pour mes abdos du côté et mes caries. Je trouve le concept de ce magasin absolument fantastique, sincèrement. ça fait teeellement cosy (euh, non, confortable) et calme et reposant.
Même si finalement, mes soirées tranquilles sans passage par Hemmakväll sont également cosyfortables et calmes et reposantes. Quoique assez régulièrement ponctuées d'une promenade, maintenant que le climat s'est radouci au point de réussir à me faire quitter ma tanière à des heures où il y a encore quelque temps, j'enfilais sans culpabilité un pyjama ou une pauvre tenue d'intérieur. M'enfin, mes hemmakvällar restent apaisants. Ma bonne excuse est l'existence de ce mot suédois tout fait pour les désigner : il me faut bien lui faire honneur !
Je suis tombée par hasard sur deux publicités pour des lieux de mariages quelque peu originaux, une fois en cherchant les horaires des bus vers et depuis l'aéroport principal de Göteborg, une autre fois en regardant sur le site de Skansen ce qu'était leur festival de chansons estival (tradition, tradition...). Cela m'a intriguée, et j'ai lu les argumentaires commerciaux. Alors, pourquoi se marier à Skansen ou Landvetter ?
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Skansen, d'abord. Il s'agit d'un grand parc à Stockholm que j'ai visité avec le Morbihannais en avril, et qui comprend un village d'antan, un zoo, etc. Le grand endroit mignon et nostalgique de la capitale, quoi. L'offre de mariage est diverse, on peut réserver un lieu particulier pour la fête, ou bien tout simplement se pointer la bouche en coeur samedi prochain le 12 juin, et certificat de droit à se marier ou chépakoi (la paperasse qu'on doit demander à la mairie et éventuellement à une autorité religieuse), et participer à une série de mariages sans rendez-vous, achetant au passage fleurs et champagne, et profitant d'une musique de circonstance, éventuellement choisie. 10 minutes pour la cérémonie civile, 20 minutes pour la cérémonie religieuse, avec cependant un entretien obligatoire avec le prêtre ou équivalent. Les différents couples repèrent leur officiel et leur religieux à une couleur particulière, comme ça ils peuvent choisir s'ils le veulent. L'avantage de l'affaire, outre la rapidité et, euh, l'originalité ? Le couple ne paie pas l'entrée. Et fait l'économie de la location d'une salle, les invités, 20 au maximum sous la tente lors de la cérémonie, mais plus à côté si besoin, paient l'entrée du parc. Et peut jouer à la belotte avec ses invités en attendant l'appel de son numéro. Et répond au magnifique slogan "Prends ton cher et tendre par la main et... vazzy !".
Je me demande qui choisit cela. Des gens qui ont obtenu les papiers mais rien organisé ? Des citadins ayant la flemme de chercher la vraie campagne ? Hum, tout témoignage serait le bienvenu.

Landvetter, ensuite. Ici encore, différentes possibilités, deux en fait, payantes, à choisir selon le mode d'arrivée au local et l'envie d'offrir ou non du champagne. Les avantages sont les mêmes dans les deux cas : possibilité de faire du shopping dans les boutiques tax-free (et hop, pas de liste de mariage... on demande tel parfum et tel chocolat et tel alcool, pouf pouf pouf, mine de rien en passant devant et en tentant de ne pas accrocher la robe aux étalages, histoire d'éviter tout drame), enregistrement facilité si on choisit de s'envoler juste après (vous êtes bien mignons, chers invités, dix au maximum d'ailleurs, mais quel bonheur de se débarasser de vous aussi vite, avec vos cadeaux en bagages à main !), arrivée à l'avion en voiture VIP (co-passagers, vous n'êtes que des prolos !). Pas de slogan ici, mais un petit texte explicatif : "Le moment où toi et ton cher et tendre échangez vos alliances pour montrer votre amour réciproque constitue le départ de votre voyage ensemble. Pourquoi choisir un mariage à l'aéroport ? Un aéroport est associé à l'attente et à la joie. Un aéroport est un endroit unique avec des possibilités infinies."
Et les gens qui viennent à l'aéroport pour se séparer à l'occasion d'un déplacement plus ou moins loin, hein ? Oooh mais je viens d'avoir l'idée du siècle, moi. Je vais proposer à Landvetter d'étendre le concept aux divorces et séparations, avec une symbolique différente. Avec à la clé deux départs en avion, dans deux directions opposées et lointaines, payés par le plus riche des deux ou celui qui a trompé l'autre. Après tout, un aéroport est un endroit unique avec des possibilités infinies...
Ma voisine de bureau suédoise me l'a confirmé, au cas où je ne l'avais pas remarqué : en Suède, tout ce qui a rapport à l'été est très important. Si on se demande pourquoi, on peut penser à l'hiver souvent rude, et parfois long, comme cette année. Alors du coup, Midsommar, équivalent de la Saint Jean, et nuit la plus courte de l'année, a un retentissement plus grand que Noël. Et le discours de Noël du roi se fait battre par... les invités de l'été sur la radio P1, du lundi au vendredi du 26 juin au 22 août, dont la liste a été dévoilée par les journaux hier.

Hé oui, cette émission créée en 1959 a un succès phénoménal, dû à sa saison bien entendu, à son côté traditionnel apprécié dans un pays amoureux de ses coutumes, et... à ses proportions "lagom", id est justes, terme trèèès suédois. Proportions de quoi ? Hé bien de conseils, bavardages et morceaux musicaux, tous choisis par l'invité du jour, parfois très célèbre, parfois moins.
Ma voisine de bureau suédoise m'a expliqué que beaucoup de gens écoutent ce programme de radio entre 13h et 15h, avec un MP3 au travail parfois. Pas sûr qu'on avait des MP3 en Suède en 1959, malgré l'avance technologique du pays, m'enfin, il faut bien adapter les traditions. Être "sommarpratare" est un grand honneur. L'une des invités de l'année explique sur SVD qu'elle se rappelle que ses grands-parents écoutaient cette émission, et qu'ainsi, y participer lui permet de renouer avec ses racines. Elle précise aussi qu'elle trouve cela très suédois.
Et moi, j'aime bien repérer tout ce qui est très suédois, pas bizarre cette fois-ci, mais simplement touchant. Je suis contente de savoir que ces gentils Scandinaves écouteront cet été une danseuse, Anneli Alhanko, parler de sa vie avec la danse, mais aussi d'aspects plus cachés de son existence, ou une cadre haut placée de SAAB, Lena Olving, parler du masculin et du féminin, du pouvoir et de l'égalité, et des affaires avec l'Asie, ou bien d'autres encore... Et peut-être que je trouverai un moyen de télécharger quelques enregistrements. A deux semaines et un jour de mon départ, et même si j'envisage mon retour avec joie, je pense déjà à ce qui me permettra de ne pas perdre contact avec cette contrée si attachante.